Introduction
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Remarques préliminaires.

Tous les signes hiéroglyphiques utilisés dans ces pages sont créés à l'aide du soft Glyph for Windows disponible sur le site du Centre for Computer-aided Egyptological Research.

Tous les signes utilisés sont normalement sous forme vectorielle, mais pour des questions de droits d'auteur, je ne peux utiliser que des représentations sous forme de fichiers GIF d'une qualité pas toujours irréprochable. Il n'existe pas encore de police TrueType hiéroglyphique disponible.

De plus la forme translittérée emploie des caractères de fonte standard, non seulement pour des raisons de droits d'auteur, mais aussi parce que tous les browser Internet ne supporte pas (facilement) l'inclusion de polices de caractères autres que les polices standards. Mais la notation que j'emploie est tout à fait correcte exceptée pour les lettres emphatiques où le point sous la lettre est remplacé par une apostrophe à droite de la lettre, le k emphatique est noté q.

transconv.GIF (7159 octets) Cette image montre les caractères de translittération en correspondance avec les caractères employés dans ces pages.

Pour des raisons de droits d'auteur également, les alphabets Copte, Hébreu, Arabe et Grec sont fournis uniquement sous forme d'images GIF.

 

Comment les hiéroglyphes sont devenus un alphabet?

 

Il y eut d'abord la pictographie qui conduit à l'idéogramme.

    À l'origine, à côté du langage parlé se développe un langage de signes tracés (pictographie). La relation est directe ou symbolique. Un idéogramme représente directement l'objet (Le soleil , un vase ) ou des actions ( homme qui porte une corbeille). Symboliquement, des réalités visibles ou invisibles, qui ne peuvent être qu'évoquées: la représentation sera alors celle d'un objet ou sujet lié, selon un rapport naturel et permanent (métonymie), avec celui qui est "signifié": par exemple, pour la bière une cruche-à-bière.

    Aussitôt les Égyptiens franchissaient le cap d'un langage à l'autre. ils "lisaient" ces signes, selon une valeur phonétique qui leur était liée et qui en faisait des idéogrammes ( ra 'Le soleil',   fAi 'porter', Hnqt 'la bière').

 

Ensuite de l'idéogramme, on passe à la notation phonétique.

    En utilisant des idéogrammes, on représente par un même signe plusieurs mots différents. Ainsi représente aussi bien le soleil (), que le jour (hérou) opposé à la nuit, ou que le jour du calendrier (sou). Cependant les notions abstraites ou exprimant une relation ne pouvaient être représentées par des idéogrammes de façon directe ou symbolique. Ainsi pour évoquer ces notions, ils durent utiliser le principe du rébus en utilisant les idéogrammes de mots plus ou moins homophones (ayant la même prononciation). Par exemple le mot 'devenir' se disait 'khéper', or 'scarabée' se prononce de la même manière, on représentât donc le mot 'devenir' par le signe , de même 'fils', 'sa' fut représenté par , un canard.

    Ainsi, on passa de signes idéographiques à des signes représentant phonétiquement le mot que l'on désire écrire, ce sont des phonogrammes. Seules les consonnes étaient importantes pour l'élaboration des phonogrammes. Par exemple 'Khéper' est considéré comme le groupe de trois consones xpr (x étant le son ch de l'allemand ich). Beaucoup de phonogrammes représentaient donc des groupes de deux ou trois consonnes que l'on appelle des signes bilitères ou trilitères respectivement, ces signes étaient extrêmement nombreux (voir la page alphabet). Quelques 26 phonogrammes représentent une seule lettre, ils proviennent de mots dont on a supprimé les voyelles ou les consonnes faiblement prononcées, comme venant de 'ra' dont le a est tombé, venant de 'Khèt' 'ventre' dont la voyelle et la consonne faible t sont tombées, ce sont les 26 phonèmes de base de la langue Égyptienne. Beaucoup de signes unilitères servirent surtout comme outils grammaticaux, comme f qui représente le pronom personnel 'il' ou possessif 'son', ou encore t, la marque du féminin.

Les signes bilitères et trilitères sont généralement suivis de leurs composants phonétiques. Parfois du dernier ( pr 'sortir', xpr 'devenir'), parfois des deux derniers ( Htp 'satisfaire'), ou sont parfois compris entre deux d'entre eux:( sin 'boue').

 

Enfin l'écriture hiéroglyphique - les compléments phonétiques et les déterminatifs.

    Pour pouvoir distinguer les mots différents représentés par un même idéogramme, les Égyptiens placèrent devint le signe, les unilitères représentant la prononciation réelle du mot qui voulaient évoquer. Ainsi le soleil fût écrit (ra), le jour (hrw, hérou), hier (sf, séf). Les signes unilitères employés ainsi font fonction de compléments phonétiques, servant à distinguer tous les idéogrammes identiques les uns des autres, cela pour faciliter la vie du lecteur.

    De plus, dans le même souci de facilité, on faisait suivre (ou précéder) la plupart des phonogrammes bilitères ou trilitères, de toutes leurs consonnes ou de certaines d'entre elles, comme 'nfr' (et non nfrfr), 'bon,beau'.

    Beaucoup de mots Égyptiens avaient la même notation phonétique, par exemple, mh' était représenté par le signe du fouet et comme ce signe sert à décrire les mots différents, 'remplir', 'coudée', 'noyer', il fallait pouvoir les distinguer les uns des autres, on ajoutait donc un signe complémentaire pour préciser le sens du signe. Ces signes complémentaires sont appelés des déterminatifs. Par exemple, le mot 'rendre' était écrit par adjonction du signe 'rouleau de papyrus', 'coudée' (bras humain), 'noyer' (eau, plus la lettre H finale de mH). Une grande quantité de mots se virent donc accompagnés de signes déterminatifs pour préciser la signification des mots, de plus les anciens idéogrammes (comme dans les exemples donnés plus haut) devinrent des déterminatifs à part entière. détermine les notions de jour, lumière, temps. Le rouleau de papyrus , les mots abstraits. L'homme portant la main à la bouche , les mots signifiant 'manger, boire, parler, penser' ou leurs contraires.

    Certains mots avaient deux déterminatifs, mr adjectif 'malade' mr substantif 'malade'.

 

Comment lire les hiéroglyphes?

Les hiéroglyphes étaient indifféremment écrits de gauche à droite ou de droite à gauche. Si plusieurs signes sont superposés, alors la lecture de ces signes se fait de haut en bas.

Mais comment savoir s'il faut lire à partir de la gauche ou à partir de la droite?

Eh bien, c'est très simple il suffit de regarder les signes représentant des hommes ou des animaux, ils regardent toujours vers le début de la ligne. Tous les signes représentés dans ces pages sont orientés pour la lecture de gauche à droite, plus naturelle pour nous. Pour écrire de droite à gauche, tous les signes doivent être retournés.

iw tp=i sA=i m xsbdj, ma tête et mon dos sont en lapis-lazuli. Le texte se lit de gauche à droite car tous les personnages regarde vers la gauche où se trouve le début de la ligne.

Le texte se lit de droite à gauche car tous les personnages regardent vers la droite.

sens_lecture.gif (184561 octets) Exemple d'écriture dans de multiples sens sur un même monument, comme une porte par exemple.

Dans tous les textes hiéroglyphiques les signes sont disposés de façon harmonieuse pour former des séries successives de carrés imaginaires que l'on nomme des cadrats dont le côté équivaut à la hauteur et à la largeur des signes les plus longs et les plus larges. Les signes superposés se lisent toujours de haut en bas.

 

La translittération.

Pour traduire un texte égyptien, il est d'usage de le traduire en premier lieu en notation phonétique, cette technique s'appelle translittération. La liste des caractères de translittération utilisés sont ceux de la troisième colonne dans le tableau des caractères unilitères. J'emploie la notation utilisée par Winglyph (voir le tableau des correspondances dans la page alphabet).

De plus en translittération on emploie certains signes additionnels comme

= pour séparer un pronom personnel, etc ... du mot auquel il se rapporte (le pronom personnel est après le mot). iw=i Hna=Tn, je=suis avec =vous.

. qui précède la marque du féminin ou du pluriel par exemple, ST.w, des tortues. bAk, serviteur, bAk.t, servante, bAk.w, serviteurs, bAk.(w)t, servantes (seul le t de wt est écrit en général, le déterminatif précise qu'il s'agit d'un pluriel).

( ) Pour indiquer des signes qui ne sont nécessairement écrits ou des signes sous-entendus.

Le trait d'union - dans les mots composés.

 

Les autres écritures Égyptiennes.

Il y a en fait trois principaux systèmes d'écriture Égyptienne, qui sont nommés : hiéroglyphique, hiératique, et démotique. En plus de ces trois systèmes, on trouve l'écriture hiéroglyphique cursive.

A partir de l'ère chrétienne, le copte remplacera touts les autres types d'écritures.

Ces noms nous ont été transmis par les auteurs grecs de l'antiquité.

L'écriture hiéroglyphique.

L'écriture hiéroglyphique fut surtout employée pour les textes gravés ou peints sur des parois de monuments ou des objets en ronde-bosse, et ce depuis l'origine de la civilisation égyptienne jusqu'au IVe siècle de notre ère. A partir de l'Époque grecque (332 av. J.-C.), il devint spécifiquement l'écriture des textes sacrés sur les parois des temples (d'où son nom). Le nombre de caractères évolua de 750 environ à plus de 8000, voire même plus.

L'écriture hiéroglyphique cursive.

Exemple d'écriture hiéroglyphique cursive.

Cette forme d'écriture remplace quelque fois l'écriture hiéroglyphique normale pour les textes de certains textes religieux sur bois ou papyrus. Il s'agit d'une forme d'écriture rapide.

 

L'écriture hiératique.

Exemple de texte en hiératique avec la transcription en hiérogyphes.    Un beau text hiératique en colonne

L'écriture hiératique est avec l'écriture hiéroglyphique ce que notre écriture manuscrite est avec les caractères d'imprimerie. Elle est presque exclusivement réservée aux textes écrits sur papyrus ou sur des ostraca (au singulier ostracon), c'est-à-dire des éclats de calcaire ou des tessons de poterie. A partir de la XXIe dyn. (vers 1070 av. J.-C.), celle-ci fut réservée à la notation de texte religieux écrits sur papyrus, et ce jusqu'à l'époque romaine.

 

L'écriture démotique.

Un exemple de texte en démotique.    L'alphabet démotique

Par une simplification de l'hiératique, l'écriture démotique apparut au VIIIe siècle avant J.-C., et sert à noter spécifiquement à partir de cette époque, un état de langue désigné lui aussi sous le nom de "démotique". La dernière inscription démotique date de 452 après J.-C.

L'écriture copte

Les lettres coptes dérivées du démotique et des hyéroglyphes.    Exemple de texte en copte.

Enfin comme le démotique, le copte est spécifique d'un état de langue, le "copte", qui représente l'ultime transformation de l'égyptien ancien. A la différence des autres écritures, le copte emploie un véritable alphabet, dérivé de l'alphabet grec, augmenté de sept signes démotiques notant les phonèmes inconnus du grec. Son apparition fut déterminée par la christianisation de l'Égypte, son usage se généralisa vers le IIe, IIIe siècle de notre ère. Cette langue fut parlée jusqu'au XIIIe siècle, mais est encore partiellement employée, comme langue liturgique, par la communauté chrétienne du pays.

Chronologie des langues et écritures.

 

Dernière mise-à-jour: Mardi 14 Avril 2009